Le deuxième dimanche de l’Avent, l’Église nous présente une figure puissante, exigeante et profondément nécessaire : Jean-Baptiste . Il apparaît dans le désert, portant ce message : « Repentez-vous, car le royaume des Cieux est proche . » (Mt 3, 2)
C’est le même mot que Jésus utilisera au début de sa prédication. Pendant l’Avent, nous ne pouvons donc pas nous concentrer sur les listes de cadeaux, la nourriture, les réunions, les lumières, et encore moins sur le Père Noël. C’est un temps pour laisser nos cœurs être touchés par cet appel : la conversion, le redressement de nos chemins, la production de vrais fruits .
En nous basant sur l’Évangile d’aujourd’hui, nous pouvons prier en utilisant sept points, comme nous l’avons partagé dans notre podcast : https://www.youtube.com/watch?v=z_tJeSC3WUE .
- Jean-Baptiste, un modèle pour l’Avent
Jean est le précurseur , celui qui précède pour préparer le chemin du Seigneur. Jésus l’appelle « le plus grand parmi ceux qui sont nés de femmes » (Mt 11, 11). Il est prophète, le nouvel Élie, la voix qui crie dans le désert, fils de Zacharie et d’Élisabeth, cousin de Marie, mais surtout un homme entièrement dévoué au Messie attendu .
Durant l’Avent, Jean nous offre un exemple. Certaines de ses caractéristiques et vertus peuvent guider notre préparation :
- Humilité :
« Après moi vient celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales . » (Matthieu 3, 11).
Jean connaît sa place. Il s’efface pour que le Christ puisse apparaître. C’est sa joie, et elle devrait être la nôtre. - Une vie de pénitence :
il s’habillait de poil de chameau, portait une ceinture de cuir et se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Ce n’est pas un style exotique, mais un choix concret d’austérité. Jean nous rappelle qu’il n’y a pas de conversion sans renoncement et sans ascétisme . - Une déclaration courageuse :
il désigne sans crainte Jésus, exhorte les gens à changer de vie, dénonce le péché, mais désire le salut de tous.
Pendant l’Avent, il est bon de choisir au moins une des attitudes de Jean pour mieux vivre ce temps : plus d’humilité, plus de pénitence, plus de courage pour proclamer le retour de Jésus.
- « Repentez-vous » : ce n’est pas un slogan, c’est un chemin.
Jean commence par dire : « Repentez-vous » (v. 2). Pendant le Carême, nous entendons : « Repentez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1,15). En Avent, la phrase est : « Repentez-vous, car le royaume des Cieux est proche » (Mt 3,2) . Ici, l’accent est clair : le Seigneur vient, préparez-vous à le recevoir.
La conversion ne consiste pas seulement à changer d’avis. Il s’agit de changer de cap . Reconsidérer ses choix, ses habitudes, ses priorités, son rythme de vie, son utilisation du temps, de l’argent, de ses affections, de ses écrans — absolument tout.
Cette semaine est propice à l’introspection :
- Dans quels domaines de ma vie est-ce que je vais à l’encontre de l’Évangile ?
- Où dois-je freiner, changer de voie ou faire demi-tour ? Suis-je sur la bonne voie, mais j’hésite encore ?
- Le Royaume est « proche » : à portée de main.
En portugais, « próximo » peut se prononcer « daqui a pouco » ou « mais frente ».
Dans la logique de l’Évangile, l’idée est plus forte : le Royaume est à portée de main , il est « tout près », « juste ici ». Jean annonce un Dieu qui arrive déjà, qui est très proche, qui s’est déjà rapproché de notre histoire .
En ce temps de l’Avent, nous commémorons les trois venues du Seigneur :
- La première, l’Incarnation, que nous célébrerons à Noël.
- Le second [retour], lors de son glorieux retour, lorsqu’il viendra juger les vivants et les morts.
- Le troisième, la venue de chaque jour, dans l’Eucharistie, dans la Parole, dans les pauvres, dans les événements de notre vie.
Si le Royaume est « proche », la question est simple et cruciale : est-ce que je tends la main vers ce Royaume, ou est-ce que mon cœur est loin, distrait ou trop occupé par d’autres choses ?
- Isaïe, le grand prophète de l’Avent
L’Évangile rappelle que Jean fut annoncé par Isaïe : « Voici la voix de celui qui crie dans le désert : “Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers .” » (Mt 3,3 ; cf. Is 40,3)
Durant les deux premières semaines de l’Avent, la liturgie nous offre presque chaque jour le livre d’Isaïe. Il parle d’ Emmanuel, Dieu avec nous , du salut qui descend du ciel , du rejeton de Jessé , de l’ œuvre nouvelle que Dieu accomplit, du peuple qui marchait dans les ténèbres et qui a vu une grande lumière .
Il est judicieux de prendre une résolution concrète cette fois-ci :
- Lisez attentivement certains passages d’Isaïe utilisés dans la messe.
- Remplacez une partie du temps passé sur les réseaux sociaux par du temps consacré à la Parole de Dieu.
Isaïe nous aide à percevoir Jésus comme annoncé des siècles auparavant. La promesse prépare le cœur à en recevoir l’accomplissement.
- « Préparez le chemin » et « aplanissez les sentiers »
Tracer un chemin n’est pas une mince affaire. C’est un travail de longue haleine. Quiconque a déjà vu une route se frayer un chemin à travers les montagnes peut en témoigner : dynamitage de la roche, nivellement, remblayage des vallées, aplanissement des collines.
L’annonce du prophète implique d’abattre les montagnes (l’orgueil, l’autosuffisance) et de creuser les vallées (l’estime de soi blessée, le découragement, le manque de confiance en Dieu). Et d’éliminer les détours, les raccourcis douteux, les chemins tortueux.
Le problème, c’est que nous réduisons souvent l’Avent à : sapin de Noël, guirlandes lumineuses, liste de cadeaux, repas. Tout cela peut être important, mais la première préparation devrait être intérieure .
- Se réconcilier avec quelqu’un.
- Retour à la confession.
- Reprenez un temps de prière quotidien.
- Faire un choix concret concernant la charité.
Il ne s’agit pas seulement de ranger la maison. Il s’agit de ranger son cœur.
- Fuyez la colère, portez du fruit, abandonnez la fausse sécurité.
Jean s’adresse avec sévérité aux pharisiens et aux sadducéens : « Race de vipères ! Qui vous a avertis de fuir la colère à venir ? » (Matthieu 3:7). « Produisez donc du fruit digne de la repentance . » (Matthieu 3:8). « Ne pensez pas pouvoir dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père .” » (Matthieu 3:9).
Ils avaient confiance en leur « carte de membre spirituelle » : être enfants d’Abraham, accomplir des rituels, appartenir au peuple élu.
Aujourd’hui, le risque est similaire : « Je suis baptisé, je suis catholique, je fais partie de telle ou telle communauté/paroisse/apostolat, donc tout va bien. »
Jean déconstruit cette illusion à la racine : il ne suffit pas de le dire, il faut porter du fruit. Dieu peut faire naître des « enfants d’Abraham » même de pierres. Ce qui compte, c’est une vie conforme à la grâce reçue.
Une bonne question à se poser ce dimanche est la suivante : quels fruits concrets et visibles le Seigneur trouve-t-il dans ma vie aujourd’hui ?
La conversion n’est pas un moment isolé du passé. C’est un cheminement continu, jusqu’à la fin de la vie. Il y a d’abord la première conversion, puis d’autres, plus profondes. Il y a toujours quelque chose à corriger, à ordonner, à purifier.
- Nettoyez l’aire de battage, ramassez le blé, brûlez la paille.
L’Évangile se termine par une image puissante : « Il tient à la main sa fourche à vanner ; il nettoiera son aire de battage et il rassemblera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint jamais . » (Matthieu 3:12).
seconde venue du Christ , le jugement dernier et la gravité de nos choix aujourd’hui en préparation de la Parousie sont subtilement révélés .
Nous pouvons prier en visualisant trois mouvements :
- Nettoyer l’aire de battage :
nettoyer son cœur, se purifier. On peut aussi y penser au Purgatoire, cette œuvre de miséricorde qui lave, guérit et ordonne. - La moisson du blé :
ceux qui se sont ouverts à la grâce seront rassemblés dans la grange (le Paradis). La joie d’être du blé (l’Eucharistie), comme nourriture pour les autres. - Brûler la paille :
La paille, symbole du rejet ultime de l’amour de Dieu – conséquence réelle d’une liberté mal utilisée – sera brûlée.
La théologie parle du « déjà-là et du pas encore ». Notre conversion a déjà commencé, mais elle est toujours en cours. Coopérons avec grâce. Purifions-nous. Rejetons les œuvres des ténèbres.
Un simple examen de conscience peut nous aider : combien de temps est-ce que je consacre réellement à Dieu, et combien de temps est-ce que je consacre aux distractions ? Est-ce que j’aime vraiment Dieu par-dessus tout, ou est-ce juste des paroles en l’air ?
Suggestion pour la lectio divina avec Matthieu 3:1-12
- Lecture ( lectio )
: Lisez l’Évangile lentement. Notez les mots qui attirent le plus votre attention : « repentez-vous » , « est proche », « portez du fruit », « nettoyez l’aire de battage ». - Méditation ( méditation )
Demandez -vous :- Où le Seigneur m’appelle-t-il à la conversion aujourd’hui ?
- Quelle montagne d’orgueil dois-je abattre ?
- Quelle vallée de découragement faut-il surmonter ?
- Quels résultats concrets puis-je commencer à produire cette semaine ?
- Prière ( oratio ) :
Parlez à Jésus sincèrement. Demandez-lui la grâce d’un cœur humble et repentant comme celui de Jean, prêt à s’effacer pour qu’il puisse grandir. Abandonnez un aspect de votre vie qui résiste encore. - Contemplation et action ( contemplatio et actio )
Prenez un temps de silence devant Dieu. Choisissez ensuite une action concrète pour cette semaine : confession, réconciliation avec quelqu’un, acte de charité, un temps de prière quotidien fixe.
Prière finale
Seigneur Jésus,
nous te remercions pour ta Parole, qui nous appelle à la conversion et nous rappelle que le Royaume des Cieux est proche. Par l’intercession de saint Jean-Baptiste, accorde-nous un cœur humble et repentant, prêt à te recevoir. Que ce temps de l’Avent soit un temps de décision, de véritable transformation et de fruits authentiques. Vierge Marie, qui t’es ouverte à Dieu de tout ton cœur, apprends-nous à accueillir Jésus d’abord dans nos cœurs, puis dans tous les aspects de notre vie. Amen.
À la semaine prochaine !
Shalom !